Journée Justice morte : après les Gilets jaunes, la colère noire des avocats et magistrats

Publié le par angeline351

Journée Justice morte : après les Gilets jaunes, la colère noire des avocats et magistrats

Dans toute la France, 46 barreaux ont répondu présents à une grande journée de mobilisation contre l'adoption, en catimini selon eux, de la réforme de la justice, accusée de déparer les plaignants les plus vulnérables.

Aux cris de «justice pour tous», les avocats, rejoints par les syndicats de la magistrature, ont protesté le 12 décembre dans toute la France à l'appel de dix organisations. Le projet de loi de programmation pour la justice actuellement en première lecture à l'Assemblée nationale, adopté dans la nuit du 11 au 12 décembre à 88 voix contre 83, malgré les votes «contre» des députés des oppositions de droite et de gauche, suscite leur indignation.

46 barreaux se sont unis pour dénoncer une nouvelle fois ce projet de loi au moyen d'une mobilisation très suivie rassemblant des milliers d'avocats et de magistrats. Les hommes de loi dénoncent une justice déshumanisée qui servirait une «logique purement comptable» portant atteinte aux justiciables, avec un accès aux tribunaux rendu plus difficile. Au cours de cette journée «Justice morte», ils ont orchestré de soigneuses mises en scène, se sont mis en grève d'audiences et ont organisé des blocages de tribunaux.

A Paris, des centaines d'avocats se sont regroupés place du Châtelet dans le Ier arrondissement.

Le député La France insoumise Ugo Bernalicis, qui assistait au rassemblement, a incité les hommes de loi à se «mobiliser pour une justice humaine protectrice de l'intérêt général».

A Compiègne, les avocats en colère ont déployé une banderole «Tribunaux fermés, justice éloignée».

A Evry, en banlieue parisienne, des avocates ont arboré un voile de deuil pour représenter la mort de la Justice.

A Rouen ou à Marseille, les avocats ont jeté des codes civils au sol pour s'élever contre la loi de programmation de la justice.

A Limoges, les avocats ont manifesté contre la suppression des tribunaux et donc l'éloignement de justiciable de la justice.

Les détracteurs de la loi reprochent en effet à la réforme de préparer une justice expéditive et d’éloigner de toutes les manières possibles les plaignants de la justice, par exemple en supprimant des tribunaux d’instance. 

Ils s’érigent contre la création encouragée des règlements à l’amiable, avec disparition pure et simple de l'avocat, pour de grands ou petits litiges qui se feront en ligne, sans intervention de juges, et/ou via une société privée. 

Les avocats dénoncent les grands axes de la réforme qui prône une révolution numérique et la «simplification des procédures» civile et pénale. La numérisation des procédures est contestée car elle rendrait plus difficile l'accès à la justice pour les plaignants qui n'ont pas ou ne maîtrisent pas internet.

Selon les avocats et les magistrats, la réforme pénale renforcera encore les pouvoirs du procureur, au détriment du juge et des droits de la défense

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