Que faut-il pour qu'ils comprennent, un deuxième mort ?" : toujours le blocage à La Poste en Dordogne

Publié le par angeline351

Que faut-il pour qu'ils comprennent, un deuxième mort ?" : toujours le blocage à La Poste en Dordogne

Les postiers de Sarlat et Siorac-en-Périgord ont décidé ce vendredi de continuer à exercer leur droit de retrait. Ils demandent toujours le renvoi de plusieurs cadres de La Poste, suite au suicide d'une factrice le 24 octobre. La distribution du courrier reste donc très perturbée dans le Sarladais.

Comme chaque matin depuis le 25 octobre dernier, les postiers de Sarlat et de Siorac-en-Périgord se sont réunis devant les grilles de leurs établissements ce vendredi à partir de 7h30. Ils exercent leur droit de retrait, c'est-à-dire qu'ils refusent de travailler, suite au suicide d'une factrice de 44 ans, à son domicile le 24 octobre. Selon ses collègues, elle était en arrêt de travail pour dépression depuis plusieurs semaines et s'était plainte plusieurs fois auprès d'eux de subir du harcèlement de la part de certains managers. Les salariés de La Poste exigent donc le renvoi de plusieurs cadres de La Poste.

Ce vendredi à 9 heures, une rencontre a eu lieu entre la direction de La Poste et les représentants syndicaux à la Poste. Beaucoup de salariés imaginaient enfin une sortie de crise. Mais à la sortie, les postiers se sont montrés très déçus. Au-delà des mesures d’accompagnement pour faciliter la réorganisation de la distribution du courrier, "il n’y aura pas de nouvelle équipe encadrante", leur a précisé la direction de La Poste. Or, c’est la principale revendication des facteurs du Sarladais.

Aucune sanction contre des cadres de La Poste avant la fin des enquêtes 
Les deux directeurs mis en cause par les salariés sont actuellement en arrêt maladie, pour une durée d'un mois pour le premier, mais le deuxième devrait faire son retour dès la semaine prochaine, indiquent des postiers à France Bleu Périgord. Et l'entreprise aurait expliqué, lors de la réunion, qu' "aucune sanction ne sera prise à leur encontre tant que les différentes enquêtes en cours, suite au suicide, ne seront pas terminées." La Poste met en avant la "présomption d’innocence".

Toujours pas de distribution du courrier ce vendredi et ce samedi 
Ces annonces sont accueillies très fraîchement ce vendredi par la cinquantaine de facteurs réunis devant le centre de tri de Sarlat. "Que faut-il pour qu’ils comprennent, un deuxième mort ?", confie un postier à France Bleu Périgord. Le droit de retrait est donc maintenu et il n'y aura donc pas de distribution du courrier ce vendredi et ce samedi dans le Sarladais, comme c'est le cas depuis le 25 octobre. L'intersyndicale de La Poste en Dordogne (CGT / CFDT / FO / SUD)  appelle les salariés et la population à participer à un rassemblement lundi 5 novembre pour soutenir les postiers du Sarladais. Il aura lieu à Sarlat  à 17h 00 devant la sous-préfecture. 

La Poste renvoie à une nouvelle réunion le 5 novembre
La direction régionale de La Poste, de son côté, explique dans un communiqué que lors de la réunion avec les organisations syndicales ce vendredi, "il a été proposé de créer de nouveaux groupes de travail pour continuer la démarche engagée sur l’organisation de la distribution du courrier et des colis à Sarlat et Siorac. Une nouvelle réunion est proposée aux organisations syndicales lundi 5 novembre." La Poste rappelle qu'un directeur par intérim a été nommé le 31 octobre "afin d’assurer la continuité du fonctionnement des deux sites de Sarlat et Siorac, et d’accompagner le retour au travail des agents" et que "depuis le 30 octobre, la Poste a mis en place un plan de continuité d’activité, aujourd’hui renforcé" afin de distribuer une (petite) partie du courrier dans ce secteur du Périgord noir. Enfin, depuis le 25 octobre, "une cellule de soutien psychologique est proposée pour accompagner tous les postiers qui le souhaitent."

La CGT dénonce des propositions insuffisantes
Dans un communiqué, la CGT-FAPT de Dordogne estime que "les propositions avancées sont bien en deçà des attentes des postiers. Le droit de retrait exercé par les salariés repose sur un danger grave et imminent mettant en cause un management autoritaire et violent. La Poste se réfugie derrière les enquêtes en cours avant de prendre des mesures !"

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