Près de 2 millions de patients disposent d'un dossier médical partagé

Publié le par angeline351

Près de 2 millions de patients disposent d'un dossier médical partagé

 

Pour atteindre l'objectif de 3,5 millions de dossiers ouverts à la fin de l'année, l'Assurance-maladie mobilise les pharmaciens.
Mi-octobre, 1,7 million d'assurés sociaux français disposaient d'un dossier médical partagé (DMP), selon nos informations. Autrement dit d'un coffre-fort électronique, où peuvent être stockées leurs données de santé, du diagnostic de spécialiste à la radio des poumons en passant par les comptes rendus d'hospitalisation et les résultats d'analyses biologiques. Cet outil piloté par l'Assurance-maladie est déjà consultable par les soignants équipés du bon logiciel, avec l'autorisation du patient.

 

 Le DMP est la pierre angulaire du système de santé de demain », insiste Jean-Baptiste Guillaume, associé du cabinet IAC Partners. Ce dossier numérisé va à la fois servir à mieux diagnostiquer les patients, à éviter des examens redondants et à poser les fondements de la médecine prédictive, souligne-t-il. La coordination entre professionnels de santé devrait aussi y gagner.

Les inscriptions vont crescendo
Les espoirs sont immenses. Mais encore faut-il que le DMP décolle. Depuis sa régénération par la loi Touraine en 2016, les inscriptions sont allées crescendo. Le cap du million de dossiers ouverts a été dépassé fin 2017, grâce au déploiement-pilote dans 9 caisses primaires d'assurance-maladie.

Depuis septembre 2018, la phase de généralisation a commencé. L'objectif de Nicolas Revel , le patron de l'Assurance-maladie, est de parvenir à 3,5 millions de DMP en 2018, 10 millions l'an prochain, et 40 millions en 2022.

Pour respecter cette trajectoire à marche forcée, il a fait appel aux pharmaciens. Depuis mars, ils touchent 1 euro par DMP ouvert par leurs soins. Leur force de frappe est considérable : chaque Français franchit le seuil d'une officine au moins une fois dans l'année. « Il s'ouvre plus de 70.000 DMP par semaine, et depuis la rentrée, nous faisons plus de la moitié des ouvertures », vante Philippe Besset, président du syndicat de pharmaciens FSPF. « L'objectif, c'est 150.000 hebdomadaires. Nous en ferons 90 % », poursuit-il.

 

Un projet « bien loin du terrain »
Contrairement à son prédécesseur, le nouveau DMP est alimenté dès le départ par l'Assurance-maladie, qui y déverse l'historique des remboursements sur deux ans. Heureusement, car sans cela, les dossiers seraient bien vides. Les éditeurs de logiciels professionnels n'ont, pour la plupart, pas encore publié de mises à jour permettant d'alimenter les dossiers. Et rares sont les médecins traitants qui se sentent concernés à ce stade.

« Ce matin, j'ai eu deux patients qui avaient l'autocollant DMP sur leur carte vitale, mais je n'ai pas eu le temps de regarder ce qu'il y avait dans leur dossier et je sais qu'il n'y a rien dedans », raconte Béatrice Fazillaud, médecin généraliste en Charente. Un projet qu'elle juge « bien loin du terrain », même si elle juge utile d'encoder les données médicales.

Les médecins pourraient en retour être alertés par leur logiciel en cas de risque d'interaction médicamenteuse. « Il faudra faire une synthèse médicale, et ce sera selon moi un temps dédié, avec le patient », ajoute la praticienne. La profession demandera une rémunération pour cela.

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