Gilets jaunes : 50 nuances de soutiens chez les LR

Publié le par angeline351

Gilets jaunes : 50 nuances de soutiens chez les LR

Un peu, beaucoup, à la folie… Les LR soutiennent plus ou moins le mouvement des gilets jaunes. Certains vont sur le terrain quand d’autres demandent aux manifestants d’arrêter. Tous comprennent les raisons de cette colère, sur des thèmes chers à la droite. Mais elle échappe au parti.

Pour eux, ça devrait être leur mouvement, leur combat. Prix des carburants, hausse des taxes, classes populaires et moyennes des milieux ruraux et périurbains… Le mouvement des gilets jaunes coche toutes les cases pour les LR. Pourtant, ce mouvement vient de la base, hors de tous partis. Tout en cherchant à éviter de tomber dans la récupération, les élus LR montrent globalement leur soutien. Mais un soutien à géométrie variable. Car les LR sont plus ou moins à l’aise face aux gilets jaunes, après la journée de mobilisation de samedi, émaillée de nombreux incidents, avec un bilan de plus de 400 blessés et un mort. Sans parler des propos racistes ou homophobes, recensés sur les réseaux sociaux ou par la presse.

« Une opération plutôt réussie »
Il y a ceux, comme le numéro 1 Laurent Wauquiez, qui sont allés soutenir les manifestants sur le terrain samedi. Son vice-président, Guillaume Peltier, a même enfilé un gilet jaune. Le sénateur LR, Rémy Pointereau, élu du territoire rural du Cher, annonçait aussi la semaine dernière à publicsenat.fr son intention d’aller saluer les manifestants. Trois jours après l’appel du 17 novembre, il estime que « cela a été une opération plutôt réussie pour eux. Ça dénote un ras-le-bol sur les taxes, sur les carburants mais aussi un ras-le-bol global, entre la hausse de la CSG ou les 80 km/h, et aussi un mépris entre la France d’en haut et d’en bas » (voir les sonores de Cécile Sixou et Adrien Develay). Rémy Pointereau ajoute :

« Moi je soutiens la démarche des gilets jaunes car dans la ruralité, on est tous confronté à cette problématique de ce sentiment d’abandon. Je suis le premier à le voir dans nos communes rurales ».

« Réserve »
Le sénateur LR du Rhône, François-Noël Buffet, sera lui moins enjoué. On le sent plus mitigé. « Sur le fond, j’entends la contestation, la difficulté de ceux qui estiment qu’il y a une forme de ras-le-bol et qui ne peuvent plus faire face. Il faut l’entendre. La réserve que j’émets simplement, c’est attention aux événements violents qui ont été connus. Ça, c’est inacceptable. Et ne laissez pas votre place aux casseurs et à ceux qui veulent profiter de la situation à d’autres fins » met en garde le sénateur, qui demande au gouvernement « d’envoyer un message ». Il dénonce « un mépris, qui se traduira un jour par des mouvements extrêmement graves ».

Reste que les LR ne semblent pas des plus à l’aise… « Peut-être que certains s’interrogent entre une participation active et d’autres qui disent « ne récupérons pas ». Mais la question, c’est d’entendre que plus de 300.000 Français sont descendus dans la rue. Il y a une souffrance ».

« Notre place n’est pas sur les barrages avec les gilets jaunes »
Pour Jean-François Husson, sénateur de la Meurthe-et-Moselle, préfère jouer le porte-voix. « Notre place n’est pas sur les barrages avec les gilets jaunes, mais d’être des relais vis-à-vis du gouvernement ». « Il y a une forme d’incendie en France », ajoute celui qui est rapporteur spécial, dans le cadre du budget, pour les crédits consacrés à l’énergie au sein de la mission écologie.

D’autres, peut-être moins nombreux, appellent carrément à l’arrêt de ce mouvement incontrôlé. C’est le cas du sénateur LR du Bas-Rhin, André Reichardt :

« Pour moi, c’est stop, compte tenu des blocages de plus en plus sévères qui ont lieu à l’heure actuelle. Je peux être totalement d’accord avec le fond, mais dès lors que de façon un peu anarchique – qu’on le veille ou non c’est quand même de l’anarchie ce qu’on voit – il a des blocages à ce point durs, qu’on empêche les gens d’aller travailler, c’est souhaitable de mettre un petit bémol ».

« Pourquoi ce mouvement a-t-il pris naissance ? »

Pour Daniel Gremillet, sénateur LR des Vosges, c’est la question des réponses qui se pose. « Il faut entendre ce qui est exprimé » dit-il. Pour « une population qui exprime une situation de grande fragilité et d’incompréhension », « les réponses du premier ministre ne peuvent pas apaiser et rassurer » selon Daniel Gremillet.

Les sénateurs LR ont déjà annoncé leur intention de revenir sur la hausse des taxes sur le carburant, lors du passage du budget au Sénat. Une annulation qui ne sera que virtuelle, puisque le gouvernement – sauf s’il change d’avis d’ici là – ne compte pas modifier son cap et reviendra sur le texte d’origine à l’Assemblée.

Au final, pour Jean-François Husson, « la question n’est pas "faut-il soutenir ?" La question c’est "pourquoi ce mouvement a-t-il pris naissance et s’est développé ?". Le gouvernement doit considérer que c’est une alerte sérieuse » alerte le sénateur de la Meurthe-et-Moselle. « Ça veut dire que l’ensemble de notre système institutionnel, les corps intermédiaires, les partis et les syndicats sont contournés. Le jour où on met la France en prise directe entre les Français et le gouvernement, il y a un souci pour la démocratie ».

https://www.publicsenat.fr

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