Ecoles, collèges, lycées : ce qu’il faut savoir sur l’appel à la grève lundi

Publié le par angeline351

Ecoles, collèges, lycées : ce qu’il faut savoir sur l’appel à la grève lundi

Des manifestations sont prévues dans les grandes villes, lundi, contre les suppressions de postes voulues par Jean-Michel Blanquer.
La journée de classe pourrait être perturbée lundi dans les écoles, collèges et lycées : un appel à la grève contre les suppressions de postes a été lancé par tous les syndicats représentant l’ensemble des personnels de l’Éducation nationale. Des manifestations sont prévues dans les grandes villes. À Paris, un cortège s’élancera à 14h, pour rallier le ministère.

• Pourquoi cet appel à la grève ?
Le budget 2019, dont le volet Éducation nationale sera discuté en plénière mardi à l’Assemblée nationale, prévoit de supprimer 2650 postes dans les collèges et lycées publics, 550 dans le privé, 400 dans l’administration. Quelque 1800 postes seront, à l’inverse, créés dans les écoles maternelles et élémentaires, en vertu de « la priorité au primaire »voulue par le ministre de l’Éducation, Jean-Michel Blanquer. C’est l’annonce de ces suppressions de poste qui est à l’origine de tous les appels à la mobilisation.

Les personnels « ne comprennent pas » les réductions d’effectifs dans le secondaire, au regard de la poussée démographique attendue en collège et lycée, souligne Catherine Nave-Bekhti, secrétaire générale du Sgen-CFDT. L’agence des statistiques du ministère de l’Éducation, la Depp, prévoit une hausse de 40 000 élèves à chaque rentrée entre 2019 et 2021.

Et ces suppressions annoncées passent d’autant moins après le mouvement #PasDeVague suscité par le braquage, avec une arme factice, d’une enseignante par un lycéen, au sein d’un établissement de Créteil en octobre, ajoute Frédérique Rolet, secrétaire générale du Snes-FSU, premier syndicat dans le secondaire.

Si le nombre des suppressions de postes peut paraître faible par rapport à la totalité des agents de l’Éducation nationale (environ un million), les syndicats s’attendent à ce qu’elles soient suivies d’autres réductions d’effectifs. Emmanuel Macron a indiqué vouloir supprimer 50 000 postes dans la fonction publique d’État d’ici 2022. L’Éducation nationale, qui représente la moitié des effectifs de cette branche de la fonction publique, risque d’être largement mise à contribution, souligne Frédérique Rolet.

• Qui appelle à la grève ?

C’est une première depuis 2011 : tous les syndicats représentant l’ensemble des personnels de l’Éducation nationale, de la maternelle au lycée, dans le public et dans le privé, appellent à la grève pour la journée de lundi.

Les syndicats des fédérations FSU, CFDT et Unsa, dans le primaire (écoles maternelles et élémentaires) et le secondaire (collèges et lycées), ont appelé à débrayer, dans le public et le privé.

Les syndicats Éducation nationale d’autres fédérations (CGT, Sud, FO) ont eux aussi lancé un appel à la grève, contre les suppressions de postes mais aussi contre la réforme de l’enseignement professionnel, la réforme du lycée et plus largement contre « la casse du statut général de la fonction publique ». Enfin, le syndicat Snalc s’est associé, lui, aux deux plateformes.

« Ce sont deux appels distincts mais au final, tous les syndicats appellent à la grève », avec comme dénominateur commun l’opposition à la suppression de postes dans l’Éducation nationale, résume Catherine Nave-Bekhti.

Le Snuipp-FSU, premier syndicat dans le primaire, s’agace d'« une pseudo-priorité » donnée au primaire, affirmant que les postes créés sont loin de couvrir les besoins nés du dédoublement des classes de CP et CE1 en zone d’éducation prioritaire. Plus généralement, le syndicat critique la politique de Jean-Michel Blanquer, qui donne « le tournis » et crée « une école de la défiance », à l’opposé de « l’école de la confiance » voulue par le ministre.

• A quelle mobilisation faut-il s’attendre ?

Seuls les enseignants du primaire sont tenus de se déclarer grévistes auprès de leur direction au moins deux jours ouvrés avant la grève. Difficile donc de prévoir l’ampleur de la mobilisation dans l’ensemble des établissements, tous niveaux compris.

Pour le moment, deux chiffres nous a été communiqués. Selon des estimations remontées ce samedi, 25 % des adhérents du Snuipp, syndicat majoritaire dans le premier degré, se sont déclarés grévistes, précise au Parisien le syndicat. Des chiffres plus affinés seront disponibles dimanche.

Du côté de SE-UNSA, entre 25% et 30% des adhérents prévoiraient de faire grève lundi, nous précise ce samedi le deuxième syndicat dans le premier degré.

Dans le même temps, le mouvement #Pasdevague, qui a émergé pendant les vacances de la Toussaint sur les réseaux sociaux, après l'agression d'une enseignante par un élève de 16 ans avec une arme factice, a mis en lumière les difficultés quotidiennes des profs et l'omerta de rigueur dans le métier. Il a délié certaines langues. Au point d'alimenter en masse les rangs des grévistes? «Dans leur exaspération, les enseignants sont-ils prêts à jouer un jour de salaire? #Pasdevague a été un déferlement d'expressions individuelles, pas une mobilisation collective», observe-t-on à l'Unsa.

Blanquer toujours populaire

«Depuis la rentrée des vacances de la Toussaint, les enseignants sont repartis dans leur quotidien, avec l'approche des conseils de classe du premier trimestre», rapporte Jean-Rémi Girard, au Snalc. Mais il est clair que les collègues en ont ras le bol», fait-il valoir lui aussi.

Si Jean-Michel Blanquer convainc de plus en plus les Français - avec quatre points de gagnés par rapport au mois dernier, il devient le 4e membre du gouvernement le plus populaire, selon le dernier classement Paris Match-, c'est aussi grâce à son discours ferme et son appel à la lucidité après #pasdevague. Mais ce discours sécuritaire a nettement moins convaincu les enseignants, qui estiment que la présence de policiers dans les établissements scolaires ne va régler en rien les questions de gestion de classe. «Le professeur reste seul dans sa classe», résume Frédérique Rolet au Snes. Sarkozy avait déjà apporté cette réponse policière, sans que cela ne change les choses».

Agacés par les sorties médiatiques du ministre, les enseignants semblent blasés, y compris par les mouvements de grève en lesquels ils ne croient plus vraiment.

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