Architecture au Centre Pompidou Le Corbusier : sa cité est radieuse

Publié le par angeline351

La grande rétrospective « Le Corbusier. Mesures de l’homme », présentée du 29 avril au 3 août au Centre Pompidou, tente de tempérer l’image de cet architecte réputé rigoriste et depuis quelque temps décrié pour sa proximité avec certaines thèses de l’extrême-droite de l’entre-deux-guerres. Son étonnant Modulor, figure de proue de l’évènement, résume sa volonté de placer l’homme au centre de l’architecture. Donnant corps à son art.

Fils d’un ouvrier-graveur de montres dans le Jura suisse, Le Corbusier, né Charles-Edouard Jeanneret à La Chaux-de-Fonds en 1887, suit la voie paternelle dès 13 ans et perd rapidement la vue à un œil. Il devient élève à l’école d’art de sa ville natale et continuera à pratiquer peinture et photographie, laissant transparaitre ses passions pour le cubisme puriste et la lumière. Des passions dont témoigne abondamment la riche exposition du Centre Pompidou pour le 50 ème anniversaire de sa disparition. Fil rouge : son fameux Modulor, contraction de module et nombre d’or. Une silhouette qui représente un homme levant le bras levé et version moderniste de l’homme de Vitruve popularisé par Léonard de Vinci. Elle exprime toute son ambition de créer un nouveau standard humain pour l’architecture. Fondée sur le nombre d’or et la suite de Fibonacci, cette nouvelle mesure, élaborée entre 1942 et 1955, est, selon lui, la plus apte à harmoniser les relations entre l’Homme et son espace vital. C’est elle qui va régir ses « unités d’habitation de grandeur conforme », telles que celles des « cités radieuses », qualifiées par ses adversaires de « cités mathématiques » où règne un « bonheur dirigé ». Cette radiosité rationnelle se retrouve notamment à Marseille (1947-1952) et à Rezé (1953-1955), en banlieue nantaise. Ce sont des villes entières, d’un bloc vertical, comprenant intra muros rue marchande, crèche, gymnase… Pour sa principale collaboratrice, Charlotte Perriand, engagée à gauche et proche d’un Front populaire qui lui passa de nombreuses commandes, « l’harmonie de l’habitat ne peut être résolue indépendamment de l’architecture et de l’urbanisme… Non seulement, l’habitat doit réaliser les données matérielles, mais créer les conditions de l’équilibre humain et de la libération de l’esprit ». Comme quoi Rome ne s’est pas bâtie en un jour.

Exposition « Le Corbusier. Mesures de l’homme »
du 29 avril au 3 août 2015, au Centre Pompidou, Paris 1er
Tarifs de 11 à 14 euros (forfait donnant accès à toutes les expositions temporaires et aux collections permanentes du musée).

Publié dans COMMUNIQUE FO

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