Jean-Claude Mailly, secrétaire général de Force ouvrière, au congrès départemental, hier, à Domérat

Publié le par angeline351

Jean-Claude Mailly, secrétaire général de Force ouvrière, au congrès départemental, hier, à Domérat
Le secrétaire général de Force ouvrière a balayé l’actualité nationale, hier, à Domérat, au congrès départemental du syndicat. Jean-Claude Mailly prône la fin des politiques d’austérité.

 

L'austérité est « suicidaire socialement, économiquement et démocratiquement ». Elle nourrit les mouvements de « rejet de l'autre », soutient Jean-Claude Mailly. Le secrétaire général de Force ouvrière était hier au congrès départemental FO, à Domérat (1).

L'Allier est le département d'Auvergne où le chômage est le plus important (2). Comment l'expliquez-vous ? Il est lié aux problèmes rencontrés par l'industrie. Les remèdes nationaux ne sont pas bons. Avoir tout axé sur "on sera compétitif en réduisant le coût du travail", montre ses limites, ici comme ailleurs. L'Allier est percuté par les problèmes industriels, d'aménagement du territoire, d'insuffisance ou de remise en cause des services publics. Cela fait un cocktail détonant.

Le gouvernement annonce pourtant 1 % de croissance en 2015 et 1,5 % en 2016. Il y a au moins un consensus entre les économistes : on diminuera le chômage quand on atteindra 1,5 ou 1,6 % de croissance. On ne peut que souhaiter qu'il y ait une réelle reprise. Mais si reprise il y a, elle est due essentiellement à des éléments extérieurs : le niveau de l'euro par rapport au dollar, les faibles taux d'intérêt, la baisse des produits énergétiques, notamment du pétrole.

L'action gouvernementale n'est pas responsable ? Non. Elle influe même dans le sens contraire. Quand le gouvernement décide du pacte de responsabilité, il annonce 41 milliards d'aides sous la forme d'exonérations de cotisations patronales et du Cice (*), financées par 50 milliards de réductions des dépenses publiques et sociales. Il dit qu'il y aura des contreparties pour l'emploi. Faux. Il ne peut pas y en avoir. Une branche ne peut pas s'engager pour ses entreprises. Personne ne peut imposer à une entreprise d'embaucher, notamment sur une aide de caractère générale.

On ne peut exiger des contreparties que si on a une aide ciblée. Il y a du gaspillage dans ce pacte de responsabilité. Je dis stop. Faisons le point d'ici le mois de juin et reciblons.

 

Deuxième point : il y a des problèmes d'offre et de demande. L'offre, on ne la règle pas par l'allégement du coût du travail, mais par des politiques publiques qui favorisent les investissements d'avenir, la recherche… La demande, c'est la question salariale. Je reproche au gouvernement de ne pas avoir donné un coup de pouce au Smic et d'avoir gelé le point d'indice de la fonction publique.

« L'Allier 
est percuté par les problèmes industriels »

Le plan européen Juncker prévoit 315 milliards d'aides jusqu'en 2017. C'est un plan anti-austérité, pour vous ? Non. Ça va dans le bon sens, mais c'est très insuffisant. Dans ce plan, il y a environ 20 milliards d'euros d'argent public. Les syndicats européens réclament un mini-plan Marshall, à hauteur de 260\270 milliards d'euros par an pendant dix ans, avec une action plus dynamique de la Banque centrale européenne.

Où les trouve-t-on ? La BCE s'est lancée dans l'assouplissement quantitatif à hauteur de 60 milliards d'euros par mois en ce moment : elle rachète à des banques privées des obligations d'État. L'espoir est qu'elles prêtent plus. Mais ce n'est pas garanti. On pense qu'il faudrait une modification des statuts de la BCE pour lui permettre de prêter directement aux États.

(1) Françoise Lambert a été réélue secrétaire départementale pour trois ans.

(2) 10,6 % au troisième trimestre 2014 (9,2 % dans le Puy-de-Dôme, 8,5 % en Haute-Loire et 6,7 % dans le Cantal).

(3) Crédit d'impôt pour la compétitivité et l'emploi.

 

Publié dans COMMUNIQUE FO

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